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  • Elise Dottrens

Le SCT, c'est quoi ?



Imagine que, un matin, tu commences tes règles. Jusque là, rien de très particulier. Il y a une petite trace de sang sur le drap mais rien de dramatique. Après ta douche tu enfiles un tampon et continues ta journée plus ou moins normalement (plus ou moins parce que le premier jour est toujours le plus difficile, on le sait bien..). Mais imagine ensuite que, vers dix heures, tu commences à avoir la tête qui tourne, que soudain, il fait beaucoup trop chaud. Imagine que tu aies une soudaine envie de vomir, mais au moment où tu te lèves, tu perdes connaissance.

Et imagine qu’en te réveillant, tu es à l’hôpital, et on t’a amputé de tes deux jambes. Juste parce que tu as mis un tampon.

Tiré par les cheveux ? Pas du tout.

C’est à peu près ce qui est arrivé à Lauren Wasser. Le 3 octobre 2012, la jeune mannequin de 24 ans commençait ses règles et, en même temps, contractait des symptômes qu’elle pensait alors liés à un refroidissement. Elle ne s’est donc pas inquiétée et s’est mise au lit, sans avoir l’énergie d’appeler sa maman, chose qu’elle fait normalement tous les soirs. Elle, du coup, elle s’est inquiétée, et quand elle a appelé la police pour qu’ils aillent voir si tout va bien, ils ont trouvé Lauren inconsciente sur le sol, gisant dans du vomi et des excréments.

Deux semaines plus tard, la jambe droite de Lauren fut amputée.

Voici les raisons exactes de ce phénomène mystérieux : Il s’agit d’une infection, fatale dans certain cas, due à un certain type de bactérie, la Staphylococcus Aerus, qui cause le développement de la toxine TSST-1. En français, on appelle ça le syndrome du choc toxique (SCT). Un tampon resté trop longtemps dans le vagin crée une situation favorable au développement du la bactérie, qui se propage ensuite par le sang. A priori, mais ce n’est pas prouvé, la composition encore mystérieuse des tampons peut aussi jouer un rôle. Les symptômes sont, comme Lauren les a expérimentés, de la fièvre, des vomissements, de la diarrhée, des malaises et des maux de tête. Cela étant dit, les hommes et les enfants (et les femmes) peuvent développer le SCT sans pour autant porter de tampons, mais simplement par une plaie ouverte qui s’infecte. En tout, 1% seulement des femmes sont susceptibles développer la bactérie, et la moitié des cas recensés étaient dus au port d’un tampon. Même si le SCT se soigne avec des anticorps et des antibiotiques, si elle n’est pas traitée dans les plus brefs délais, cette infection peut mener à la mort.

Il va donc sans dire que les plus grandes précautions sont de mises. Malheureusement, une trop grande partie du tableau nous échappe, en particulier celle des composants des tampons. En 2015, Melanie Doerflinger, une étudiante de 19 ans a lancé une pétition sur change.org pour que Tampax nous livre en fin les secrets des ingrédients de leurs tampons. Elle a été signée 300 000 fois. En vain.

Mais s’il y a une chose qui est encore de notre ressort, c’est de changer nos habitudes. Pour un boycott total des grandes entreprises de protections menstruelles et un risque de SCT le plus bas possible, la coupe menstruelle est ce qu’il y a de mieux ! Attention, des tampons bios et la coupe n’éliminent pas complètement le risque, parce qu’il faut continuer à la changer régulièrement ou à bien nettoyer la coupe avant de la remettre.


J'ai trouvé mes sources ici, ici, , et dans "Ceci est mon sang, petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font", de Elise Thiébaut, Editions La Découverte, Paris

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Rowenna

Based in Lausanne, Switzerland 

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